LE BRACELET DE LA RÉUSSITE
Quand le luxe s’invite chez les détenus, après la Rolex à cinquante ans, voici venu le temps du bracelet électronique de luxe à soixante-dix ans ! Parce qu’aujourd’hui, fini les séjours dans une résidence surveillée par des matons. Le must-have : un bracelet « Brandé », et donc fini l’opprobre, bonjour le prestige !
Les grandes maisons de luxe l’ont bien compris : pourquoi laisser les accessoires judiciaires aux mains de l’administration pénitentiaire quand on peut en faire un symbole de réussite ? Alors, terminé le plastique triste et le design de bracelet de cheville anonyme. Place au cuir grainé, aux monogrammes brodés et aux finitions en or 18 carats ! La tendance 2025 est au bracelet électronique sur-mesure haute couture.
Édition limitée : en tweed iconique pour un suivi judiciaire avec l’élégance des haras des Wertheimer, mais aussi, en cuir sellier cousu main pour les « faux bourges ». Pour les amateurs d’avant-garde, le modèle « Balance ton Gaga XXL » directement inspiré des menottes d’une partie fine au 41 rue Quincampoix ou au Baron, c’est selon.
Les stars et les milliardaires, déjà conquis par le concept, affichent fièrement leur bracelet siglé en sirotant des cocktails sur leurs yachts. « Un bracelet sans logo, c’est comme une condamnation sans sursis : d’une tristesse infinie », confie un célèbre magnat de la finance, fraîchement assigné à résidence sur son yacht qui attend son pote ancien président pour fêter leur nomination au grade de la légion d’Horreur.
Alors, prêt à faire le grand saut dans la mode pénitentiaire du luxe ? N’oubliez pas : si, à 70 ans, vous n’avez pas votre bracelet électronique griffé, c’est que vous avez raté votre vie. Ces humains de contrefaçon portent leur bracelet comme une sorte de drapeau, que l’on l’agite avec fierté, comme s’il s’agissait d’une victoire. Aujourd’hui, on confond l’opinion avec la pensée, l’égo avec le talent et l’ignorance avec l’authenticité. Il ne faut surtout plus savoir, car savoir, c’est suspect. Lire, c’est élitiste, réfléchir c’est presque un affront. Souvent quand je me regarde, je me désole, mais quand je me compare, je me console.
FM