ALAÏA LE SOUFFLE DE L’ÉVIDENCE

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Dans l’ombre des ateliers, souvent palpite un secret, un murmure de « soie », parfois une caresse de drapés, la maison Alaïa devient le temple des courbes et des lignes épurées, sous l’aiguille experte de Mulier. Avec l’éclat du Guggenheim, après l’onde d’été, Pieter Mulier revient dans la grosse pomme, pour sculpter l’étoffe. Il nous livre un rêve cousu de rigueur et de grâce, une symphonie d’épure, un souffle d’évidence.

Les silhouettes glissent, et la lumière du plafond transparent, laissant apparaitre le haut des buildings, donne à la présentation la pureté et la splendeur du souvenir ineffable et exaltant du passé, où l’avenir s’étreint avec celui-ci. La créativité ne meurt jamais, et sous la quiétude des formes, une tempête de savoir-faire ; les doigts des artisans tissent l’invisible et redessinent l’espace, en effleurant l’absolu.

Pourtant, une rumeur s’élève, fragile et perçante, comme s’il était prêt à rompre. Mulier quitterait la maison dans laquelle son âme se déploie, et irait s’effacer, juste au moment où son empreinte commençait à s’ancrer sur les plages de L’Armorique, où balance les sagas.

Ce serait un vent qui s’arrête, une promesse effacée, un adieu précipité… Mais, ce soir, oublions le tumulte, laissons vibrer les étoffes, flotter la beauté : Alaïa respire, et sous son souffle, le monde se tait.

FM